Les misères adorées

On traîne comme un bijou
Des tas de petites misères
Qui collent du soir au matin
Un toutou à sa mémère
Lové dans son écrin

On « gagatise », on radote
On raconte et on se plaint
Des prouesses de nos douleurs
Insomnies et chagrins
Courbatures, mal au cœur

J’ai connu comme un chacun
Des tempêtes, le gris du ciel
Mais aussi la douceur et les parfums
Alors au diable les maux les manies, vive la vie.

Les boîtes de gélules et cachets
Des bleues des rouges des violets
Ronron au goût acidulé
Aux effets in désirés
Pour nos misères adorées

Celles sans qui nous sommes perdus
La peur du grand vide nous fige
Leur absence est plus douloureuse
Que le mal qu’elles nous infligent
Une présence pernicieuse

J’ai connu comme un chacun
Des tempêtes, le gris du ciel
Mais aussi la douceur et les parfums
Alors au diable les maux les manies, vive la vie.

Pauvre misère qui nous blesse
Pauvre de nous qui gémissons
C’est nous qui sommes en bout de laisse
Victimes de la trahison
A vivre dans l’angoisse et le stress

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